Nous nous sommes retrouvés 18 ce matin du 23 mars 2026.
La ville actuelle, sous-préfecture de Saône et Loire, est située dans le parc régional du Morvan, compte 13 000 habitants (2023) au cœur d’une intercommunalité d’environ 40 000 habitants.
• Notre guide, Jean-Paul, très érudit, plein d’humour et pédagogue, nous emmène d’abord auprès des remparts (boulevard des Résistants-Fusillés) pour nous montrer leur base romaine, toujours en état ainsi que la tour des Ursulines (donjon du 12ème siècle).
« Sœur et émule de Rome » : ces mots ont été gravés à l’entrée de l’hôtel de Ville, Autun, Augustodunum, fondée sous le règne d’Auguste, fut la capitale gallo-romaine des Eduens en remplacement de Bibracte. Deuxième ville de l’empire romain, (20 000 habitants), elle était une cité importante sur la voie romaine Agrippa reliant le sud de la Gaule à Boulogne sur mer. Elle fut aussi dès l’Antiquité un évêché. Jusqu’à la fin du 15ème, ce fut une cité prospère. Puis vint le déclin (5 000 habitants). L’ère industrielle lui redonna croissance et développement par l’utilisation de schistes bitumineux (production d’huile lampant) d’où la présence de deux terrils (les Télots), présence actuelle de trois établissements Dim, d’un site Nexans (ex câble de Lyon).
• Puis nous nous sommes rendus sur le site du temple de Janus (faussement appelé ainsi), car c’était un « cella », en fait un lieu de culte éduen à l’origine et non romain. Les vestiges, haut de 24m et murs épais de 2m20, sont situés en dehors de la ville fortifiée.
Deux murs sont conservés, recouverts de parement (petit appareil) fait de petits moellons carrés en grès. On y voit encore les trous ayant supporté les échafaudages lors de la construction. Diverses niches devaient accueillir des sculptures. Les parties démolies ont servies de matériau pour d’autres constructions.
• Comme toute ville romaine Autun est organisée en damier selon deux axes principaux « cardo maximus » axe nord sud et « decumanus maximus » axe est-ouest.
Au croisement le centre de la ville avec son forum, les marchés, les tribunaux…des aqueducs conduisaient l’eau des collines environnantes. Aux extrémités des voies, des portes monumentales impressionnantes. Subsistent deux portes, la Porte St-André, à l’Est et la porte d’Arroux, au Nord, où nous nous arrêtons. Une arcade centrale et deux arcades latérales, une porte levante la ferme. La galerie supérieure est ornée de pilastres cannelés avec des chapiteaux corinthiens.
• Le théâtre romain est notre troisième étape. Ce théâtre fut le plus grand de la Gaule (20 000 personnes).
Il accueille encore 12 000 spectateurs lors de spectacles. Lui étaient adjoints un cirque et des thermes.
• Visite à l’atelier de démonstration de la fabrique de parapluies Neyrat, créée en 1852, l’usine fut près de la gare, en 1970 elle comptait 400 salariés et produisait 1,5 million de parapluies par an. En 1988, elle délocalise une partie en Asie. En 2008, la famille fondatrice cède l’entreprise. En 2013 relance de la fabrication de parapluies à Autun.
Sur place on y voit les différentes étapes de fabrication d’un parapluie. Les divers composants sont chinois sauf le tissu qui vient principalement d’Italie.
• Visite de la cathédrale Saint Lazare
Construite entre 1120 et 1146 par l’évêque Etienne 1er de Baugé, pour accueillir les reliques de St Lazare d’Aix. Des arcs boutants lui ont été rajoutés au 13ème. Une flèche fut construite en 1469 au-dessus de croisée de transept à la place d’un clocher romand détruit par la foudre. Extérieurement, elle a perdu son caractère romand. Les deux tours, inspirées de Paray le Monial, datent du 19ème lors de restaurations dirigées par Viollet le Duc.
A l’intérieur, le chœur a été refait au 15ème. La restauration complète de l’intérieur s’est étalée de 2009 à 2020. Tout est mis alors en valeur, la nef, l’arrière de la nef, les piliers, les chapiteaux et les viraux. On peut y voir également un grand tableau d’Ingres relatant le martyr de St Symphorien.
Le fameux tympan, réalisé entre 1130 et 1136, fut recouvert de plâtre vers 1766, ce qui le sauva. Son auteur, Gislebertus a laissé son nom sur le rebord supérieur du linteau. Le tympan a été restauré en 2009.
La scène représente le Jugement dernier avec le Christ en mandorle dominant la scène, à sa droite St Pierre, au-dessus la Vierge, à gauche la pesée des âmes.Sous le linteau à gauche, ceux qui vont au paradis, à droite en enfer. Le tympan est orné des signes du zodiaque indiquant les travaux des saisons.
Fin de la visite à 17h30 pour réintégrer nos pénates, divinités romaines !
Pensez à votre cotisation de l’année si vous ne l’avez pas payée !
Jean-Jacques