Aménagement et sport par Jean-Claude Bordigoni

Aménagement et sport par Jean-Claude Bordigoni

Fils d’un entrepreneur de bâtiment – travaux publics, je me suis intéressé très tôt à deux thèmes : l’aménagement et le sport.

A la fin de mes études, j’ai donc cherché un emploi dans l’aménagement pour y appliquer des méthodes d’entreprise privée à des fins d’intérêt général : j’ai débuté en 1970 par un modeste poste de chargé d’opérations à la SODEVIC, SEM du Réseau SCET à Besançon.

C’était le début d’une aventure professionnelle passionnante au sein du Groupe CDC-SCET au cours de laquelle j’ai appliqué trois principes :

  • ne jamais demander de poste mais attendre les propositions, ce qui donne une liberté d’agir plus grande.
  • prendre prioritairement des directions de sociétés en situation difficile ou à leur création.
  • éviter de rester trop longtemps au même poste, le dynamisme et l’objectivité du jugement sur les opérations que l’on mène pouvant s’étioler avec le temps

Dans cet esprit, devenu chef d’agence de la SODEVIC., j’acceptais en 1976 la proposition de la SCET de prendre la direction de la SELCY à Perpignan, chargée d’aménager le littoral de Saint Cyprien : cette Société n’était pas une SEM mais une filiale directe de la CDC, assistée par la SCET. Les difficultés constatées sur la station à mon arrivée résultaient surtout de son manque de notoriété par rapport aux stations concurrentes du Languedoc-Roussillon ; pour l’améliorer, j’y ai monté un centre de stages de football et de tennis avec les deux plus grands champions français en activité à l’époque :  M. PLATINI et Y. NOAH : le centre s’appelait Grand Stade … prémonition de celui dont j’aurai à m’occuper plus tard à St-Denis.

En 1979, en plus de la SELCY, la SCET me confia la direction de la SEMER, SEM du Réseau, chargée d’aménager le Roussillon : outre des ZAC classiques, j’y réalisais deux ouvrages originaux : un barrage à Vinça et un autoport au Boulou.

En 1985, la CDC obtint l’accord de J. CHIRAC pour créer à Paris la première SEM du Réseau SCET, la SEMAVIP, afin de réaliser des opérations d’aménagement dans le nord-est parisien. Ayant été jugé ¨chiraco-compatible¨, on m’en confia la direction : confronté aux autres SEM de la Ville de Paris, je pus apprécier comparativement l’esprit et la qualité des méthodes du Réseau.

Durant cette période, je fus élu président de l’ADSEM et me fis l’interprète des directeurs de SEM du Réseau pour souhaiter auprès de R. LION, DG de la CDC un changement de la direction de la SCET qui intervint effectivement

En 1985, D. FIGEAT, nouveau directeur de la SCET, me demanda en accord avec R. LION    de quitter la SEMAVIP pour prendre la direction territoriale de la SCET regroupant l’Ile de France, la Normandie-Picardie et…la Corse !! Outre l’assistance à 40 SEM locales, le sport ne fut pas absent puisque la DT gérait pour le compte de la Fédération Française de football son Centre Technique National à Clairefontaine.

Lorsque la France obtint l’accueil de la Coupe du Monde de football 1998, il m’a paru très souhaitable que le Groupe CDC -SCET participe à cette opération pour des raisons de chiffre d’affaires et de notoriété. N’arrivant pas à convaincre la direction de la SCET de s’y intéresser, je parvins à contacter directement P. LAGAYETTE, nouveau DG de la CDC qui me dit à l’issue de l’entretien : « OK, on fonce pour positionner le Groupe tant sur le choix du site (St-Denis nous paraissant meilleur que Melun-Sénart) que sur le management du projet ». Il assura le lobbying politique, car la création d’une mission d’Etat était envisagée, moi-même me chargeant des relations avec le milieu sportif et en particulier M. PLATINI, devenu co-président du Comité d’organisation de la Coupe Du Monde

Ce lobbying fut payant puisqu’on gagna : la CDC créa alors une mission GRAND STADE dont elle me confia la direction en accord avec l’Etat ; Cette mission , comprenant des experts du Groupe et des experts extérieurs ,réalisa : la programmation technique détaillée du stade , le montage juridique et financier de la concession ( avec une performance remarquable des juristes de la SCET), le montage et l’animation de la consultation internationale ( les projets présentés par  plusieurs des meilleurs architectes mondiaux restant un souvenir professionnel marquant ) ainsi que l’étude urbaine de la ZAC d’Etat autour du stade.

En 1994, une SEM non pas locale mais nationale, la SANEM,  est créée entre l’Etat et la CDC avec l’accord de la Ville de St-Denis dont la direction m’est confiée : elle a pour objet de  contrôler les délais de réalisation ( qui seront respectés ) le respect du des cahiers des charges  ( avec souvent des échanges tendus mais très formateurs entre la SEM et les 3 grands groupes de BTP concessionnaires ),  les premières années d’exploitation et aménager la ZAC d’Etat.

Ses taches étant remplies, la SANEM fut dissoute en 2005 : à titre anecdotique le Préfet fut étonné que la ZAC se termine avec un résultat bénéficiaire, une opération d’aménagement de longue durée de l’Etat étant plutôt d’habitude déficitaire au final ….

Entre temps en 1998, à la fin de la Coupe du Monde gagnée par la France, les maires de St-Denis et d’Aubervilliers m’ont demandé de prendre la direction de leur SEM locale, PLAINE DEVELOPPEMENT, devenue en 2000 PLAINE COMMUNE DEVELOPPEMENT à la suite de la création de la  communauté d’agglomération PLAINECOMMUNE entre ST-Denis et 6 Communes avoisinantes du nord-est parisien .

L’opération phare (toujours en cours) de cette SEM est la reconversion de la Plaine Saint -Denis, vaste fiche industrielle, en un des quartiers d’affaires les plus importants de la région parisienne : le Stade de France a fait la démonstration sur ce plan de l’impact en termes économiques et d’attractivité de l’implantation d’un grand équipement structurant.

En 2008, place aux jeunes, j’ai décidé de quitter la SEM et de prendre ma retraite mais avec un statut d’auto entrepreneur pour ne pas cesser brutalement toute activité professionnelle

A ce titre R. de NIJS, alors DG de la SCET, m’avait demandé d’animer une mission Grands Equipements Sportifs qui m’a valu de travailler sur plusieurs stades (ST-Etienne, Clermont -Ferrand, Rouen, Tours, Boulogne sur mer…).

A signaler enfin que durant ma carrière, j’ai fait partie des équipes élaborant 3 dossiers de candidature aux J.O. (Paris 2008 ; Paris 2012 ; Annecy 2018) … tous perdus !! Je devais être le chat noir puisqu’ après mon départ Paris a gagné les JO 2024 !!

Jean -Claude Bordigoni     Mai 2020