Visite à la fonderie PACCARD de la Délégation Sud Ouest le 17 novembre 2022

Compte rendu de Jean-Jaques LAMBERT
 

Nous nous sommes retrouvés à 11h30 au restaurant Lac et Montagne, nous étions finalement 25 et nombreux étaient venus en couple.

A 14 h nous nous sommes rendus à la fonderie Paccard située tout à côté.

L’année de naissance de la fonderie Paccard est 1796 à Quintal, lors de la coulée de la première cloche. A ce jour, 7 générations se sont succédées, la huitième étant déjà bien impliquée ! Des milliers de cloches ont été coulées et sonnent de par le monde. Citons la plus grosse cloche de France, « la Savoyarde » au Sacré Cœur de Montmartre, 54 répliques de la « Liberty Bell » pour chacun des états des Etats-Unis, la plus grosse sonnerie en volée du Monde au Canada (6, 10, 19 tonnes) et la plus grosse cloche en volée du monde aux Etats-Unis (33 tonnes) à Newport Kentucky.

80% de la production annuelle est exportée.

Au fil des ans, la même famille a su s’approprier les techniques les plus récentes (électronique) tout en conservant à cet art, son caractère artisanal.

De Quintal, la fonderie s’est déplacée à Annecy-le-Vieux, puis aujourd’hui à Sévrier, auquel s’est adjoint un musée de la cloche où nous sommes accueillis par Anne épouse de Philippe, qui assure la direction du musée, les relations publiques et accompagne de sa voix le concept Ars Sonora (voir ci-dessous).

L’entreprise fabrique tous les accessoires campanaires : battants, montures, beffrois et charpentes ; elle réalise des claviers de tours et d’études, les composants électriques et électroniques de programmation de l’heure et de sonneries.

Au musée, Anne Paccard nous explique les étapes de de la naissance d’une cloche avant que nous assistions à la coulée de 3 cloches dans l’atelier de fonderie.

  • La fabrication d’une cloche commence par le tracé de sa forme intérieure et extérieure sur une planche métallique ou en bois dite « planche à trousser ». Toutes les caractéristiques musicales sont déterminées par le profil.
  • La planche à trousser, montée sur un pivot, servira à bâtir le moule de la cloche qui se compose de trois parties bien distinctes et superposées : le noyau, la fausse cloche et la chape.
  • Le noyau, appelé aussi moule intérieur est constitué de sable, de briques recouvertes d’argile.
  • La fausse cloche, en sable résineux a les mêmes dimensions, diamètres, hauteur, épaisseur et profil que la future cloche. On l’enduit d’une mince couche de cire molle, puis on pose les filets, décorations, inscriptions en cire.
  • Sur la fausse cloche, le fondeur construit alors la chape, constituée de couches successives d’argile réfractaire renforcée de filasse de chanvre.
  • Une fois les trois parties terminées, on chauffe le tout, la cire fond et les empreintes et inscriptions rentent en creux et à l’envers à l’intérieur de la chape.
  • A l’aide d’un palan, on brise la fausse cloche. La chape est redescendue sur le noyau, il reste entre ces deux formes le vide dans lequel sera coulé le bronze soit 78% de cuivre et 22 % d’étain à une température d’environ 1200 °.
  • Quelques jours plus tard, le moule calciné est brisé et la cloche apparaît.
  • Il faudra alors l’accorder (en enlevant précautionneusement du métal à l’intérieur de la cloche, on n’en rajoute pas !), puis la traiter au jet de sable et la polir.

Après ces explications, nous nous sommes tous rendus dans l’atelier de fonderie pour assister à la coulée de trois cloches.

Une fois atteinte la température, le bronze en fusion est coulé dans les moules en assurant le dégazage lié à la coulée et à la carbonisation du moule.

Puis suivront comme déjà évoqués sablage et polissage.

La fonderie Paccard réalise des carillons classiques à commandes mécaniques voire électriques, c’est l’art du campaniste,  citons en France, Chambéry (70 cloches), Rouen (64 cloches), Douai( 62 cloches), Dijon ( 56 cloches), Lisieux (48 cloches), aux Etats-Unis, Centralia (65 cloches), Grand Rapids (48 cloches), Berkeley (61 cloches),Princeton (67 cloches), Washington (56 cloches), etc…..

Mais la fonderie Paccard a créé un nouvel instrument de musique utilisant les cloches baptisé Ars Sonora.

Il s’agit d’une structure porteuse métallique qui est installée le plus souvent en extérieur et supporte un ensemble de cloches qui sont frappées par un marteau intérieur.

L’ensemble faisant appel à l’électricité et l’électronique permet de nuancer le son, l’intensité, et la vitesse de frappe.

Cet ensemble est commandé par un clavier mobile et déporté et permet de jouer une immense variété de mélodies.

De telles installations existent maintenant au Japon, à Saint-Emilion, à Morzine, Notre-Dame de Bondeville, etc…

La fonderie Paccard vient d’installer un tel instrument majeur à l’Université de Tampa en Floride. Culminant à plus de 30 mètres de haut, elle comporte éclairage et 63 cloches.

Après avoir visionné quelques vidéo-reportages sur cette installation, Anne Paccard a chanté des morceaux du répertoire religieux et profanes accompagnés de cet instrument commandé par ordinateur qui ont enchanté le public.

Liens vers le site du musée Paccard et Ars Sonora à Tempa

Quelques photos

Prise de la température de la fusion

Anne Paccard commente

 

 

 

Le restaurant savoyard

Les convives

 

Salle de projection

Le musée

Le musée, les différentes couches nécessaires à la fabrication d’une cloche 

Anne et le Musée

Explications au musée

 

Présentation d’un clocher pédagogique, à l’extérieur, pour expliquer la pose des cloches 

 

 

Au fond fusion dans petite cuve prévue pour le manque éventuel de métal

 

 

 

 

“Arts Sonora” en France et à Tampa en Floride

 

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